Les producteurs doivent innover. Maintenant.

Si vous avez une discussion de fond avec plusieurs producteurs, certains vous diront immanquablement qu’ils ont le pied sur le bord de la porte. C’est une industrie difficile, demandante et pour laquelle (et je cite l’article de cette semaine, A Call to Producers: Innovate or Die publié du côté de l’IFP): l’appréciation et le retour monétaire n’ont aucun lien.

« Chaque producteur se doit de se voir comme un entrepreneur en série. Chaque film est sa propre petite entreprise, une startup avec son idée, ses rondes de financement, son lancement et sa stratégie de sortie (une vente). » [traduction-maison]

Quelle est la solution pour les producteurs d’« oeuvres » versus ceux qui publient des clips de 5 minutes sur YouTube et qui ramassent les milliers (si ce n’est pas les millions) de visionnements? Personne ne le sait vraiment.

Mais il est temps. Il est temps de faire en sorte que l’industrie du film développe de nouveaux outils et mécanismes afin d’éviter, et je cite encore l’article du IFP, que le cinéma ne devienne comme l’opéra: une forme d’art qui vaut la peine d’être appréciée, mais dont un peu tout le monde se fout.

Oh, et pendant que vous y serez, prenez le temps de lire les articles mentionnés, ils en valent tous la peine! Ted Hope qui me fait découvrir l’expression « armes de distraction massive« , Brian Newman qui fait planer le spectre de l’opéra sur le cinéma indépendant ou Jay Van Hoy et Lars Knudsen dans le Huffington Post qui parlent de la perception qu’ils ont du rôle de producteur.

Bref, A Call to Producers: Innovate or Die c’est à lire!

Pourquoi ne plus poser la question « Que cherchez-vous? »

Nous avons été très occupés cet été chez Toast, à un point tel que le blogue en a pris pour son rhume. Je fais la tentative, du moins pour l’automne, de publier plus régulièrement (remarquez la formulation volontairement vague). Quelqu’un veut parier sur la réussite de cette idée? Ma liste de lecture est bien en vie et je prévois y trouver bien assez de sujets à traiter ici, toujours de façon courte et simple.

Une de mes lectures du jour m’a arrêté sur un paragraphe d’un article discutant du startup Pinterest. (Traduction de moi)

Semil Shah, consultant à Silicon Valley, mentionne que Pinterest capture l’essence de ce qui sera une grande tendance dans le futur: la découverte prendra le dessus sur la recherche [gras de moi]. Il avance que ceci a un potentiel commercial énorme: les gens se font présentement demander ce qu’ils recherchent — bientôt, ils seront aidés dans leur découverte de choses fabuleuses qu’ils ne savaient même pas qu’ils voulaient acheter.

Sur tous projet, dans nos étapes de stratégie et de design, il est important de toujours garder à tête la dimension humaine de l’objectif à atteindre. On ne peut pas tout automatiser et il ne faut pas. Il y a une certaine magie à garder un côté humain (souvent moins dispendieux que je « programmer » l’automatisation d’ailleurs). L’imperfection, le senti, tout ça ramènent le contenu à une dimension humaine, par rapport à laquelle il est plus facile de développer un sentiment d’appartenance.

Guidez vos clients, vos visiteurs. Offrez-leur des pistes, des choix que vous aurez choisis, ne les laissez pas en plan devant un outil-de-recherche-par-sémantique-avancée.

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(photo: Ad: Oriental Cream par UH Manoa Library)

Plus de budget = Plus d’innovation et de créativité? Pas si vite.

Michael Schrage du Harvard Business Review sur le lien entre le budget et l’innovation.

When advising project teams frustrated by their seeming inability to deliver promised innovation or creativity to key customers, one provocative recommendation almost always produces positive results: Cut whatever’s left of the budget by 15%. Innovate with that.

Ça semble être contre toutes nos idées préconçues, on serait porté à se dire que plus de fonds sont investis en R&D, plus d’innovation et de créativité en découleront, mais il ajoute:

Despite an embarrassing wealth of anecdotal data and econometric surveys, little positive correlation exists between R&D spend and successful innovation outcomes. That’s why I can’t help but laugh when mainstream business media whine that companies in this sector-and-that « don’t spend enough on R&D. »

Innovation et créativité sont beaucoup plus basées sur un effort mental qu’un effort budgétaire.

The point and purpose of the 15% provocation is to remind people that human capital always matters more than financial capital. Call it « disruptive innovation for disruptive innovation. »

Une équipe qui sait en faire davantage avec des moyens limités (sans tomber dans la catégorie des moyens insuffisants, loin de là) aura ainsi beaucoup plus de chances d’apporter des solutions novatrices aux problèmes existants.

Comment définir l’innovation

Dans un récent billet sur la perception de l’innovation, Ellen Di Resta soulève l’importance de bien comprendre la personne et sa vision du monde avant d’évaluer sa capacité à innover.

What I do know now is that when you are assessing someone’s ability to successfully innovate, it might be useful to stop and think about how they perceive the world. Are they able to see similarities in dissimilar things? Do the similarities make sense? Is the person assessing them able to tell the difference?

Elle va plus loin en mettant l’accent sur les changements de notre société et les aptitudes qui seront nécessaires pour réussir dans la nouvelle économie (capacité d’innovation et de créativité en étant une importante).

As John Hagel states in many different ways in his blog, we are about to enter a Great Shift in how our world works. It might be time to figure out how to define perceptual skills that could go easily unrecognized in the old economy, yet will be absolutely necessary for success in the new economy.