Le parcours transmédia, entrevue avec Jeff Gomez

Cette transcription est tirée d’une entrevue réalisée par Chris Denson (@Densonology) dans le cadre de son podcast Innovation Crush. La traduction a été dirigée par Simon Breton (@Soul_Shaolin), Sciences Po Grenobles spécialité « Transmedia ». Remerciements à Coralie Gardet et Chloe Rioux.

 

1ère partie – Le transmédia, les origines

Q : Commençons par la base, pourriez-vous définir le transmedia ?

Le terme de transmedia en lui-même n’a pas vraiment de sens selon moi. Il évoque seulement la possibilité de transcender les différentes plateformes médiatiques. Le transmédia est intéressant quand on lui associe d’autres éléments : transmedia storytelling, transmedia narrative, transmedia production.

Aujourd’hui, l’histoire est devenue un élément central que l’on retrouve sur toutes les plateformes médiatiques. Le transmedia est donc un sous-genre dans le groupe du cross media ou du multi-support. Le multi-support a pointé son nez dans les années soixante-dix quand les chaînes de télévision câblées ont commencé à rediffuser les épisodes des « Brady Bunch », que l’on peut aujourd’hui considérer comme du multi-support.

Le transmedia se distingue par le fait de ne pas répéter la même histoire sur les différentes plateformes médiatiques, mais d’explorer les différentes facettes de cette histoire ou du monde en question, ou même d’une marque, à travers ces différentes plateformes. Ainsi, le consommateur, l’audience, ou les participants, peuvent commencer à assembler différents éléments et s’engager de plus en plus dans ces histoires.

Q : Vous touchez à quelque chose de très intéressant en mentionnant les années soixante-dix. Au cours de ces années, le terme de transmédia n’était pas encore utilisé, mais le principal était déjà là. Je vous ai entendu raconter une histoire à propos de ce qu’était le transmédia dans votre enfance, sous une forme différente… Pourriez-vous revenir dessus, et nous expliquer en quoi le transmédia n’est pas si nouveau, du moins pas autant que nous pouvons le croire ?

Non, en effet, pour moi le transmédia est un concept vieux comme le monde. Les hommes des cavernes se murmuraient des histoires au coin du feu et dessinaient des images sur les parois de leurs grottes, représentant ainsi différents points de vue narratifs. Pour moi, la notion de transmedia est devenue intéressante quand, lorsque j’étais gamin, les Japonais ont commencé à créer des bandes dessinées, des dessins animés et des films qui étaient tous reliés entre eux, c’était très sérieux.

A l’époque, dans les années 1970, j’étais entouré par la médiocrité des productions Hanna-Barbara. Hong Kong Fooey était encore ce qu’il y avait de mieux. Ces histoires extraordinaires d’odyssées spatiales sont arrivées en crevant l’écran, avec ces personnages et leurs vaisseaux qui se faisaient la guerre d’un épisode à l’autre.

Par exemple, il y avait cette romance entre Captain Harlock et Creep Queen Emeraldas, mais pour la découvrir il fallait regarder une autre série complétement différente. Tous étaient liés dans un monde entremêlé d’histoires plus épiques les unes que les autres qui s’étendait sous nos yeux, c’était extraordinaire pour moi. Cela voulait dire que des visionnaires, au-delà de l’aspect juridique, avaient pris ces univers au sérieux et m’avaient pris au sérieux, cela me donnait le sentiment d’être récompensé pour mon engagement.

Q : Quand vous mentionnez le terme de transmedia storytelling, est-ce que cela implique la nécessité d’avoir une histoire différente sur chaque média ? Que se passe-t-il lorsque vous racontez la même partie de l’histoire à la télé ou la radio ?

Si vous restez parfaitement fidèle à l’histoire… Prenons par exemple Harry Potter. Avec Harry Potter, quel que soit le médium, l’histoire sera toujours directement issue des livres de JK Rowling et c’est très bien, c’est du cross-média, c’est une licence multi-support ( ndlr : « cross platform property” ). Avec le transmedia, ce qui est plus étonnant, c’est que vous profitez de votre roman ou de votre série TV, puis les web épisodes s’ajoute, réunissant les mêmes personnages, probablement dans le même univers mais dans une perspective complétement différente. Je pense que c’est vraiment cool. Quand vous regardez un épisode et qu’il bouscule le regard que vous portez sur les personnages et le déroulement de l’histoire, c’est vraiment fascinant.

Nous connaissons tous les Stormtroopers dans Stars Wars, ces gardiens sans âmes un peu benêts qui tournent en rond… Et bien il y a une série animée, appelée Clone Wars, qui leur a donné une âme. On peut ainsi les aimer et les comprendre d’une manière complètement différente et ressentir la tragédie de leurs destins lorsqu’ils sont obligés de rejoindre les forces du mal. C’est vraiment du transmédia cool.

Q: C’est un peu rudimentaire comme réflexion mais…. Je me demande pourquoi cela fonctionne… Je veux dire, quand je rentre du travail, je peux m’affaler dans mon canapé, regarder le dernier épisode de Orange is the new black et je n’ai pas nécessairement l’envie de creuser d’avantage… Même si je suis un énorme fan de la série et que, si on me propose quelque chose en plus, j’irais certainement voir mais… pourquoi sommes-nous tellement fans aujourd’hui, qu’est-ce qui fait que la génération actuelle est tellement investie dans ces nouvelles licences ?

Voilà pourquoi je pense que la génération qui atteint la majorité aujourd’hui est habituée à consommer des contenus très rapidement, et qu’elle n’a plus envie de voir et revoir ces mêmes contenus.

Vous savez, quand nous étions jeunes, nous étions coincés avec des rediffusions, la grille des programmes était très limitée mais maintenant, le choix est presque virtuellement illimité. Donc si tu veux capturer l’imagination de ton audience, si tu veux les garder autour de ta propriété intellectuelle ( ndlr : Intellectual property ), avec ton histoire-monde, tu dois leurs offrir ce qui va épouser leurs habitudes, tu dois leur livrer des contenus adaptés aux appareils qu’ils transportent avec eux et avec lesquels ils ont choisi de passer du temps et d’interagir.

Il ne s’agit pas tant de savoir si l’on va pouvoir regarder le nouvel épisode de Orange Is the New black sur son smartphone ou sa tablette, mais d’avantage d’une volonté d’approfondir l’univers de la série et d’interagir avec les personnages.

 

2ème partie – Starlight Runner entertainment

Q: Votre compagnie s’appelle Starlight Runner, qu’est-ce que ça veut dire ?

Starlight Runner Entertainment a été fondée en 2000. Vous savez, on m’a dit récemment que le nom avait une sonorité très années 1980! Pour comprendre, il faut remonter à mes années de collège dans les années 1980, quand j’ai découvert pour la première fois l’Apple 2 et le Trash80 et que j’arrivais à communiquer avec des gens qui avaient les mêmes intérêts que moi, n’importe où aux Etats-Unis.

J’ai grandi à New York, pas vraiment entouré de nerd ou de geek, alors souvent, au milieu de la nuit, je me connectais pour jouer à des jeux et explorer des univers avec des gens qui avaient les mêmes intérêts que moi. C’était vraiment cool, pour moi nous étions tous des « Startlight Runners », on se supportait les uns et les autres et nous formions une grande communauté dans cette nouvelle dimension.

Q : Vous avez embauché ces gens ?

Oui, tous ! Un de mes grands plaisirs a été de pouvoir travailler avec les gens que j’ai rencontrés au cours de ma vie. Vous savez, les termes de geek ou de nerd désignent en réalité des compétences très particulières que certaines personnes possèdent, une hyper spécialisation et une affinité très forte avec certains sujets.

Je gagne ma vie en explorant des univers pour devenir le super expert d’une marque, d’un produit ou d’une histoire. J’ai eu besoin de spécialistes pour m’aider dans cette tâche et j’ai donc dû en embaucher beaucoup !

Q : D’où vient votre passion pour le transmédia ? Votre passion en tant qu’individu je veux dire. Beaucoup de gens ont déjà imaginé ce genre de trucs, mais vous réalisez cela à un degré infiniment supérieur. Pourquoi cela est-il aussi important pour vous ?

C’est une bonne question. Pour vous répondre, il faut encore une fois revenir à mon enfance. Parfois, quand vous êtes intéressé par certaines choses très spécifiques, vous pouvez vous sentir isolé, mais j’ai très vite réalisé qu’internet permettrait à un grand nombre de gens de se connecter entre eux, de combler un vide.

De la même manière, je pense que le transmédia permet de créer des ponts entre les individus. Nous sommes en interaction avec des univers narratifs, j’ai dû travailler sur des univers très spectaculaires, de Halo à Pirates des Caraïbes en passant par Avatar, mais ce qui est vraiment spécial c’est notre habilité à construire une architecture faite pour le dialogue, qui connecte des personnes très différentes.

L’audience, les storytellers, mais aussi le public peut s’emparer de ces histoires et les mobiliser dans le cadre de problématiques sociales ou de conflits géopolitiques. Cela peut donner une liberté d’expression à des personnes qui n’ont pas toujours l’occasion de s’exprimer. C’est vraiment l’un des aspects les plus importants du transmedia narrative pour moi.

Q: C’est vraiment cool. C’est étonnant car j’ai déjà pu remarquer au cours de mes podcasts que l’empowerment est un élément toujours très important quand on remonte à la source des choses. Quand une personne est passionnée, cela déteint  sur les autres, et même dans le cas de marques très connues… Il y a maintenant un truc autour de ces marques et de l’ empowerment qui influence la manière dont elles construisent leurs discours.

Je pense que c’est quelque chose qui est vraiment en plein essor. Durant la décennie précédente, des marques comme Coca-Cola ou Disney, entre autres grandes compagnies, détenaient un contrôle total sur leurs discours (ndlr : « narrativ »). L’interaction avec leurs consommateurs était très limitée. Imagine un gâteau géant et découpes-en une petite part, elle représente notre voix dans le passé.

Maintenant, cette voix grossit jusqu’à inverser la tendance.Nous, en tant qu’audience, en tant que citoyens, sommes de plus en plus aptes à contrôler les discours, en partie grâce aux réseaux sociaux. Dès qu’un événement surgit, il devient instantanément l’évènement le plus discuté de notre histoire.

Le fait que les réseaux sociaux se développent largement a influencé notre méthode de travail chez Starlight Runner Entertainment, et spécialement avec les gros clients. Ils n’appréciaient pas toujours cette situation : « Qu’est-ce que vous dîtes ? Nous ne pouvons plus imposer notre discours ? » Nous avons dû demander à nos clients de devenir plus transparents, plus honnêtes, plus engagés avec les consommateurs, avec leurs audiences. Il n’y a qu’avec de telles relations qu’une compagnie peut continuer à exister aujourd’hui.

Q: Quelles sont les véritables implications quand on opère de tels changements ? C’est une chose d’aller parler aux marques telles que Halo ou Coca et d’autres compagnies avec qui vous travaillez, mais comment pouvez-vous convaincre ces organisations qu’elles ont besoin d’être présentes sur toutes les plateformes et avec un arc narratif. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la manière dont, premièrement, vous présentez votre idée et, deuxièmement, vous la mettez en place ?

Oui, c’est génial. Généralement vous allez faire un séminaire pour une compagnie, elles prennent ce qu’elles veulent retenir et c’est fini. Pour notre part, quand on s’engage avec une société pour faire ce genre de choses, elle doit accepter certaines conditions, sinon cela ne fonctionnera pas. C’est pourquoi nous devons d’abord établir un lien de confiance très fort avec nos clients. Nous devons discerner quelles sont leurs visées narratives ? Quelles sont  leurs visions ? Ce sur quoi ils veulent communiquer et ce sur quoi ils ont communiqué jusqu’à présent afin de détecter les problèmes. Très souvent, nous découvrons des approches archaïques vis-à-vis des réseaux sociaux ou de la narration multi-support.

J’évoque ici des problèmes de fond qui ne peuvent être résolus que si la compagnie nous accorde une confiance totale, qu’elle écoute nos conseils pratiques et qu’elle est prête à dépenser de l’argent pour les mettre en œuvre. Il y a une première grande phase de mise en place où nous lançons une enquête très complète dans toute la compagnie. Elle peut concerner le produit, le scénario ou  la vision du réalisateur, un jeu vidéo, et ainsi de suite. On pose beaucoup de questions, nous avons un processus très rigoureux mais relativement rapide et pas nécessairement douloureux. À partir de ces données, nous pouvons discerner assez justement quels peuvent être les blocages qui empêchent la construction d’une extension multiplateforme de la narration de la marque ou de la licence concernée. Nous pouvons aussi facilement discerner les faiblesses d’une histoire, qui risquent de surgir et qui doivent donc être corrigées.

Q: Est-ce vraiment important pour vous d’être en amont ? Les gens viennent vers vous avec une licence préexistante, ou plutôt dès le début ? Est-ce qu’il vous arrive de rejoindre un projet en cours ?

Il est toujours plus facile d’intervenir dès le début. Un projet qui a déjà été lancé depuis un moment va comporter des erreurs qu’il sera plus difficile de corriger, à l’image d’un gros train à vapeur que l’on voudrait faire ralentir pour emprunter le virage à venir. Vous savez, il y a très souvent des gens dans ces compagnies qui ne souhaitent pas travailler différemment et qui ne veulent pas chambouler leurs plannings et leurs objectifs. Souvent, ces organisations sont très compartimentées.

Quand on travaille sur une licence ou un produit déjà bien établi, nous devons rencontrer tout le monde. Nous travaillons avec les différents niveaux de l’exécutif jusqu’en haut de la pyramide, mais nous accordons aussi une grande importance aux gens qui sont au milieu et tout en bas de l’organigramme de l’entreprise, car nous avons besoin de la coopération de tout le monde pour que la transformation fonctionne. Si c’est une nouvelle licence et que nous sommes impliqués dans la conception, c’est vraiment cool pour nous. Dans le cas d’un scénario par exemple, c’est vraiment fun car nous jouons à la table des grands avec les décideurs, les visionnaires, les responsables du marketing.

On les aide à anticiper des problèmes qui pourraient surgir et aller contre une logique transmédia.

Q: C’est vraiment intéressant, tout cela demande un réel investissement de la part de l’organisation pour laquelle vous travaillez. Dans une agence traditionnelle, ou même pour parler de mon expérience personnelle, le plus souvent c’est toujours la même chose ; je parle à quelques personnes et le reste n’est que du management de projet, des appels, du suivi, ce genre de choses. Mais ce que vous proposez exige un investissement à tellement de niveaux. Comment vous organisez ça ? Vous regroupez tout le monde dans une pièce ? Il y a un planning sur un mur géant ?…

C’est difficile en effet. La clef a été d’apprendre de nous-mêmes afin d’être capables de communiquer sur ces concepts de manière claire et concise. On utilise des présentations, des métaphores, ce genre de choses…  Même s’il a des gens qui ne s’investissent pas toujours à 100% dans ces compagnies, nous trouvons toujours quelques personnes avec qui partager nos idées. L’important est de parvenir à communiquer notre vision. Nous aimons échanger avec les visionnaires.

Quelqu’un comme J.J. Abrams, qui est réalisateur de film, n’a pas besoin d’être un expert en jeux mobiles, mais cela ne l’empêche pas de comprendre que les jeux mobiles peuvent être une extension de sa vision artistique et de se dire que cela peut-être un bel outil pour étendre sa palette de couleurs. La clef du succès va résider dans notre capacité à communiquer notre vision auprès d’un petit groupe. Ensuite, nous travaillons ensemble pour faire en sorte que tout le monde s’investisse. Cela peu se passer dans un grand auditorium où tout le monde se rassemble autour de l’univers concerné.

 

3ème partie – Producteur Transmedia

Q: Il y a quelques années, la Guilde des producteurs (ndlr : Producers Guild of America) a dit « Hey, vous les producteurs transmedia, vous allons vous accorder de l’importance maintenant ». J’aimerais parler de ça. Je ne sais pas si vous avez été impliqué dans cette histoire ou comment cela c’est passé mais qu’est-ce que cela implique pour l’entertainment property ou pour des entreprises comme vous ? Est-ce que ça veut dire que vous gagnez plus d’argent ? Quel est l’enjeu là-dedans ?

J’étais choqué et surpris. Je parlais du transmedia production depuis quelques années seulement quand la Guilde m’a approché pour me demander d’écrire un texte sur le métier de producteur transmedia. Donc oui, j’étais impliqué dedans.

J’ai rédigé ce texte et j’ai compris que la Guilde avait identifié un ensemble de compétences très particulières, à la fois très variées et uniques. Ils souhaitaient vraiment faire reconnaître cela. Le producteur transmedia est essentiellement chargé d’encadrer et de veiller sur une propriété intellectuelle qui se déplace sur différentes plateformes médiatiques. Souvent, il encadre les créateurs pour que les choses fonctionnent sur les différentes plateformes et en même temps, il assure les processus de production. Ce ne sont pas les responsabilités classiques d’un producteur.

Vous savez, ils produisent leurs films ou leurs shows télévisés, ils ne veulent pas savoir la manière dont la licence va jouer un rôle ou pas dans un ensemble narratif plus vaste. Peu de producteurs jouent ce rôle. Vous avez ce talent immense d’être autant raconteur d’histoire que diplomate, un diplomate qui maitrise toutes les langues de production dans les différents médias. C’est étonnant, et la Guilde voulait faire reconnaitre cela. Ce faisant, un producteur transmedia peut toucher l’assurance maladie en tant que membre de la  des producteurs, de plus, il y a certaines dépenses spécifiquement reconnues et le producteur transmedia peut même avoir des responsabilités créatives, devenir auteur et s’investir à long terme.

Q: Nous en parlions, le transmedia n’est pas fondamentalement quelque chose de nouveau. Néanmoins, il y a actuellement beaucoup d’opportunités dans ce domaine. Comme nous venons de le mentionner, le statut de producteur transmedia est officiellement reconnu et… Par exemple, récemment, j’ai rencontré une personne qui venait d’obtenir un diplôme de droit spécialisé dans le transmedia IP… Il y a tellement de plateformes, tellement d’IP, comment cela fonctionne sur le marché, du point de vue légal ?

Nous négocions un contrat actuellement pour une marque originale et ça prend tellement de temps… Finalement, hier, je me suis décidé à appeler la personne responsable du contrat pour lui demander pourquoi cela prenait autant de temps et elle a fini par admettre : « Nous n’avons jamais fait ce genre de choses avant. Nous fonctionnons de manière traditionnelle, vous concevez le produit et nous prenons chacun une route différente ». Maintenant, vous nous demandez plus d’argent car le produit va être diffusé de différentes manières sur différentes plateformes, nous ne savons pas comment partager tout cela.

Je me retrouve donc dans la position très délicate de devoir conseiller mon futur partenaire sur la dimension légale.

Q: C’est un territoire vierge, c’est excitant mais je suppose que vous devez être en même temps très impatient. Vous avez des cycles de production, des deadlines à respecter. Si vous travaillez pour une licence originale ou pour un client, il y a un timing, un processus… J’imagine que vos plannings sont très différents de ceux que l’on peut trouver sur un schéma de narration linéaire…

Vous savez quoi Chris, cela vaut le coup parce que nous allons voir de nouvelles approches se développer, de nouvelles techniques ou l’essor du storytelling. Ce sera l’avènement de projets narratifs nativement transmedia (ndlr : « native transmedia narrative”).

Un visionnaire prendra en compte naturellement tout l’écosystème des plateformes qui encerclent son audience. Il leur racontera des histoires en utilisant toutes les forces mises à sa disposition à travers les appareils et les écrans, mais également avec les médias traditionnels tels que la radio ou le théâtre. Pour moi, il y là un vrai enjeu artistique et c’est vraiment génial. Dans les années à venir, nous allons voir émerger ces techniques à l’échelle des médias de masse et cela donnera lieu à un nouveau genre de Rock Stars du Storytelling.

Q : Une autre question rapidement. Pensez-vous que le transmedia est plus adapté aux licences (ndlr : « entertainement properties ») ou aux marques ?

Je pense que le mouvement transmedia actuel a été propagé par Hollywood avec des gens comme Joss Whedon ou J.J. Abrams et beaucoup d’autres show runners qui ont grandi dans les années 1970 et avec ces histoires-monde très riches, et qui ont pu s’en inspirer pour leurs réalisations hollywoodiennes. Il y a aussi le professeur Henry Jenkins, au M.I.T, qui a écrit sur la convergence culture et le transmedia storytelling. Il a été salué et soutenu par tous ces nouveaux talents hollywoodiens et une sorte de mouvement a débuté. La série TV Heroes, Lost et ainsi de suite…

Il y avait toujours des composantes multiplateformes très riches, donc je pense que cela est parti de là-bas pour se déplacer vers les jeux vidéo, et jusqu’à Madison Avenue aujourd’hui. Je pense que le virus, sur Madison Avenue, a été propagé avec la Happiness Factory de Coca-Cola à laquelle nous avons eu la chance de participer en développant un univers avec différents personnages et différentes trames narratives largement diffusées dans le monde entier.

Q. A propos des présentations que vous faites, quand vous parlez du transmedia, j’imagine que cela peut prendre du temps… Je veux dire, quand vous présentez une étude de cas, cela ne se résume pas à trois slides. Comment parvenez-vous à condenser votre approche du transmedia, quel est votre « elevator pitch » ?

C’est difficile, quand je n’ai que quelques minutes pour le faire, je parle généralement des enfants et de la manière dont ils absorbent la culture populaire aujourd’hui, ce n’est jamais sur un simple média. Qu’est-ce que la communication ? Comment Lady Gaga fait-elle pour continuer à être au top quand Miley Cyrus la rattrape ? Elle doit vraiment utiliser tous les médiums à sa disposition, au bon moment, pour délivrer son message.

Il n’y a pas d’accidents, il y a une vraie méthodologie dans tout ça. Il a une technique bien particulière qui a maintenant largement fait ses preuves.

Nous sommes de plus en plus à être spécialisés dans ce domaine et nous sommes maintenant certains que cette forme d’éclatement narratif devient de plus en plus efficace. C’est ce qui retient l’attention des gens. À partir de là, ils nous écoutent et nous pouvons rentrer dans les détails.

Merci Jeff c’était vraiment très éclairant. Une dernière chose, l’innovation pour toi c’est quoi ?

Une nouvelle façon de connecter les gens, spécialement ceux qui ne le sont pas encore !

 

L’entrevue originale (en anglais)

Après Netflix, Playstation et Xbox préparent aussi leurs séries originales

Avec autant de séries originales produites pour les nouvelles plateformes, les consoles de jeu étaient la suite logique.

Les gamers ont toujours été un groupe très dédié et loyal. Ils ont cette façon de s’attacher à un arc narratif et y rester pendant des heures et des heures.

Et ce n’est pas quelque chose qui est passé inaperçu chez les manufacturiers de consoles et les studios de jeu.

Sony a annoncé avoir donné le feu vers à la production de « Powers », adaptation du comic book iconique.

La chose intéressante de l’annonce est que la série de 10 épisodes d’une heure sera distribuée sur la plateforme Playstation.

La décision fait plein de sens. Vous avez déjà une audience qui est connue pour être intéressée dans certains types de contenus, alors pourquoi ne pas le produire et leur rendre disponible directement plutôt que de tenter d’essayer de leur faire visiter une autre propriété/chaîne?

Et, encore mieux, pourquoi ne pas la faire produire par ceux qui ont déjà adapté avec succès un autre comic book : « The Walking Dead »?

Cette annonce arrive au moment où Microsoft a aussi annoncé qu’ils créeront une série originale, adaptée de leur franchise extrêmement populaire « Halo », série qui sera distribuée sur leur plateforme Xbox.

Lesley Goldberg, du côté du Hollywood Reporter, a publié un article relativement complet sur l’annonce. Ma recommandation de lecture pour cette semaine.

LIRE LA SUITE >

[MàJ Août 2014 : La création de contenu original ne semble plus être à l’ordre du jour pour Microsoft. La firme a annoncé un important plan de restructuration entrainant la fermeture du département Xbox Entertainment Studios. La majorité des contenus produits au sein de cette division ne verront jamais le jour. Seul quelques projets hybrides tels que Quantum Break ou la série TV Halo ne seront pas impactés. Source : Polygon, Gameplanet, Artechnica – via Simon Breton (@Soul_Shaolin), France]

5 jeux vidéo qui ont le potentiel d’être d’excellents films ou séries TV

[Mise à jour: Yako nous a aussi suggéré deux autres jeux à ajouter à cette liste. Voir au bas de l’article.]

Plusieurs jeux vidéos ont un storytelling si bon que leur extension TV ou film est évidente.

Karine Charbonneau, ma conjointe, m’a relayé l’article de cette semaine, et ça démontre à quel point elle me connait bien. Il montre concrètement comment nous, chez Toast, voyons les marques et les propriétés avec lesquelles nous travaillons : des sources potentielles pour une extension ou une expansion par le contenu.

Samuel Axon, du côté de Mashable, a monté une liste de 5 jeux vidéo qui sont constitués d’un superbe « storyworld », d’arcs narratifs riches qui en feraient d’excellents candidats pour une série télé ou un long-métrage.

Développer l’extension d’une marque, un jeu vidéo par exemple, a plusieurs avantages. Ça permet évidemment de capitaliser sur les histoires existantes, mais surtout tirer avantage d’une base de fans existante, sur qui vous pourrez compter comme ambassadeurs de votre nouvelle série ou film.

Cette approche est exactement ce que nous mettons en place avec notre travail sur la marque PNP (Père Noël Portable), une marque jeunesse qui a une excellente équité dans plusieurs pays, mais aussi plus d’un demi-million de fans sur Facebook. Nous travaillons avec eux au développement d’une extension télé à leur propriété.

Les jeux mentionnés dans l’article de Mashable sont eux aussi non seulement riches dans leur storytelling, mais sont des succès, facteur clé pour s’assurer d’avoir une portée intéressante dès le départ. Vous n’aurez pas à partir de zéro dans la mise en marché de votre nouveau contenu.

Je vous invite à lire l’article et découvrir quels sont les 5 jeux que Axon croit être d’excellents candidats. De belles propriétés dans cette liste. Qui sait, peut-être allons-nous contacter certains de leurs éditeurs dans un avenir rapproché…

VOIR LES 5 JEUX >

 

[Mise à jour] Suite à la publication de cette suggestion, Yako nous a écrit pour suggérer deux autres jeux à ajouter à la liste :

  1. Stanley Parable : jeu indépendant (2013) disponible sur Steam.
  2. Beyond Two Souls : l’une des première tentative de combiner réellement le cinéma et le gameplay

10 choses à savoir sur le Kidscreen Summit

Notre collègue David Pieropan revient du Kidscreen Summit 2014 où il a pu représenter Toast Studio lors de l’événement. Voici 10 de ses constats.

1 : Le Québec est une force formidable

Le Québec est représenté par un nombre impressionnant de délégués, à l’image de la vigueur de notre industrie. La SODEC a fourni également des tables de rencontres et la Délégation du Québec à New York a organisé un cocktail de réseautage dans ses impressionnants bureaux de Rockfeller Plaza.

2 : Kidscreen, c’est principalement à propos de séries d’animation

C’est d’abord et avant tout un lieu de rencontre pour l’industrie de l’animation. Toutes les idées y sont, du petit film d’auteur artsy jusqu’aux blockbusters comme Sonic the Edgehog. Le live-action, bien que minoritaire, peut quand même trouver sa place dans les pitchs, les conversations et les discussions.

3 : Trop de monde, pas assez de temps

Ici, comme vous trouvez des gens de partout dans le monde, il faut prioriser et cibler selon vos besoins. L’horaire de tout le monde est rempli du matin jusqu’au soir. Il faut donc se préparer longtemps d’avance afin de pouvoir rencontrer les bonnes personnes (surtout les diffuseurs/acheteurs).

4 : Autre chose que de la jeunesse

Kidscreen, ce n’est pas seulement que pour l’animation et la télévision pour les jeunes. La moitié des contacts que j’ai faits lors de ce sommet concernent des projets qui n’ont rien à voir avec le jeunesse ni l’animation. C’est l’avantage de rester ouvert aux opportunités et de provoquer des rencontres par hasard, qui peuvent déboucher sur des idées ou des révélations.

5 : Twitter est encore une niche

Par réflexe, j’ai twitté quelques remarques, faits ou anecdotes intéressantes, sans nécessairement avoir l’intention de couvrir l’événement. Puis quelques autres délégués présents ont retweeté, commenté, ajouté à leurs favoris. Très rapidement, en 2 jours, j’ai rapidement fait la rencontre de quantité de gens qui ont tweeté l’événement et ce fut des rencontres marquantes. Dommage que trop peu de gens utilisent Twitter pour ce genre d’événement.

6 : Il y a beaucoup de « consultants »

Je reste surpris du nombre de gens rencontrés dont je ne comprends toujours pas le travail ni la mission. Dans ce genre d’évènements, il y a beaucoup de « consultants » dont l’offre de service et l’expertise restent floues, même après 10 minutes de discussion. Bref, il faut éviter à tout prix ces rencontres.

7 : Se trouver des mentors

J’ai eu la chance d’avoir des insider’s tip de la part d’habitués du Kidscreen Summit, qui m’ont proposé des rencontres de réseautage et de démarchage d’affaires. Trouvez les vôtres avant le départ.

8 : « See you at the MIP »

L’objectif premier de rencontres faites lors du Kidscreen est de bâtir des relations sur le long terme. La plupart des habitués y retournent pour revoir des gens de l’industrie qu’ils ont appris à bien connaître au fil des années. Voilà pourquoi il est important de maintenir un lien avec ces personnes même entre les évènements.  Et d’aller au MIP.

9 : Finalement, on n’est pas si pire

Côté financement, le Canada s’en sort plutôt bien. D’abord, nous avons la chance d’avoir deux marchés distincts. Ensuite, nous avons le FMC et les crédits d’impôts. En comparaison, l’Italie n’a pas de financement public ni de crédits d’impôt, et puis le comble, seul la RAI finance des produits jeunesse. Chaque pays vit ses propres réalités.

10 : Les conférences, pertinentes ou pas

Lors des panels et speech, on peut parfois tomber sur un expert drôle, divertissant et charismatique, tout comme on peut tomber sur un prof d’écriture de nouvelles de première année du CÉGEP. Bref ce n’est pas donné à tout le monde de donner une spectacle devant une foule et quand on connaît peu les panellistes d’avance, la pertinence réelle relève parfois du hasard.

Le site du Kidscreen Summit

5 choses qui peuvent sauver la télévision en 2014

people watching band performing on stage

Alors que plusieurs tendances et genres sont sur leur déclin, des alternatives doivent prendre leur place.

Certains d’entre vous sont peut-être au courant, mais il y a eu une mention fort positive (et j’utilise « fort positive » de façon très humble) de notre infolettre par f. & co à la radio de Radio-Canada, samedi dernier. Il semblerait que plusieurs pensent beaucoup de bien de notre envoi hebdomadaire et je souhaite prendre un instant pour vous remercier, sincèrement, de prendre le temps de l’ouvrir et de lire ces mots. (Bon, fin des mercis-de-nouvelle-année, retour au travail.)

Un peu comme l’industrie imprimée des magazines et journaux, la télévision est en pleine révolution. 2013 sera, à mon avis, une année qu’on notera plus tard comme ayant été un moment charnière où les choses se sont vraiment mises à changer. Nous savons depuis un certain temps que son modèle n’était pas 100% pérenne et viable, mais nous avons vraiment vu les choses changer sur plusieurs fronts l’an dernier.

Que devrait faire l’industrie cette année? Jason Lynch, ancien rédacteur en chef, télévision, chez People magazine a pris le temps d’énumérer 5 éléments-clé que l’industrie devrait considérer dans les 12 prochains mois:

  1. Entretenir et développer le créneau des événements en direct: De grands événements en direct ont prouvé qu’ils peuvent créer un rendez-vous et attirer un auditoire.
  2. Faire que « direct +7 » devienne le nouveau standard publicitaire: Cette expression est très « industrie », mais elle signifie que les annonceurs doivent tenir compte du fait que les gens ne regardent plus nécessairement une émission lors de sa diffusion, mais souvent jusqu’à 7 jours plus tard, et payer pour.
  3. Prévoir la vie après les compétitions de talent: La Voix et les séries du genre commencent à montrer des signes d’essouflement. Les producteurs doivent amorcer la réflexion de ce que sera la prochaine tendance.
  4. Parfois, « less is more »: Les miniséries étaient populaires il y a un certain temps, mais ont laissé leur place. Elles seront de retour. Jason Lynch décrit, dans son article, les formes qu’elles pourraient prendre pour s’adapter au médium qu’est la nouvelle télé.
  5. Reprendre ce que Netflix a pris aux diffuseurs l’an dernier: Principalement sur le marché anglophone, Netflix a eu un réel impact en 2013. Les diffuseurs doivent analyser ce qui s’est passé. Tant au niveau du binge-viewing que de la façon dont ils produisent leurs séries originales.

J’ai vraiment fait ici un résumé grossier des 5 points de Lynch, je vous suggère fortement de lire l’article complet, ça en vaut la peine.

LIRE L’ARTICLE COMPLET >

Télévision et contenu vidéo : Si un image vaut 1000 mots, une vidéo en vaut… [infographie]

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Voici une infographie sur la puissance de la télévision et du contenu vidéo par rapport aux images et au texte.

Vous connaissez le dicton : une image vaut mille mots.

Et bien, dans cette ère de la télévision et de YouTube, vous pouvez vous imaginer la puissance de la vidéo.

Je voulais vous partager cette infographie, car elle fait un bon résumé de faits et de statistiques concernant le contenu vidéo et à quel point son impact peut être grand sur ceux qui le regardent.

C’est aussi la raison pour laquelle la télévision n’est pas morte. Les producteurs télévisuels produiront pour un bout de temps encore, mais les gens en marketing doivent embarquer dans la danse rapidement en explorant les opportunités de contenu de marque, tant en ligne qu’à la télévision.

(en passant, c’est une chose à laquelle nous pouvons vous aider chez Toast, le mariage entre marques et contenu)

Je vous invite à prendre le temps de lire l’infographie complète à droite pour notamment découvrir comment la façon dont notre cerveau fonctionne est responsable de la puissance de la vidéo sur nous (et peut-être aussi découvrir par la bande le « gyrus fusiforme » de notre cerveau).

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(source : QuickSprout)

Ces marques qui deviennent diffuseurs, des craques dans l’industrie télévisuelle

Les diffuseurs de contenu traditionnels sentent l’effet des marques-éditrices.

Cette année, il était possible de regarder le tournoi Masters de la PGA sur les ondes de CBS (notamment). La couverture habituelle, avec ses commentateurs qui chuchotent les derniers coups d’approche et le classement. L’équipe de production sélectionnait les joueurs à voir et les coups à ne pas manquer. Cette diffusion venait aussi avec son lot de publicités plus ou moins ciblées.

Comme dans beaucoup de cas de nos jours, il était aussi possible de télécharger l’application du Masters 2013, suivre les résultats en direct, visionner le tournoi en direct, sélectionner les meilleurs moments à revoir.

Le 2e écran était devenu le premier. Et c’était la marque-organisatrice qui devenait soudainement le diffuseur.

Les marques se positionnent de plus en plus comme créatrices (et diffuseurs) de contenu et les canaux de diffusion plus traditionnels commencent vraiment à le sentir.

J’ai tiré l’exemple du tournoi Masters de l’article de cette semaine, publié par David Carr au NY Times où il démontre l’impact réel qui se fait sentir du côté des diffuseurs télé.

Cependant, nous pourrions appliquer cette réflexion à la plupart des autres médias traditionnels (journaux, magazines, etc.). Le fait que de plus en plus de marques diffusent leur propre contenu a un impact grandissant et la course à l’adaptation est en cours depuis déjà un certain temps.

LIRE L’ARTICLE DU NY TIMES >

L’art du pitch au télédiffuseur: comment les projets sont évalués

En janvier dernier avait lieu l’édition 2013 du Impact Media Summit à New York, réunissant producteurs et télédiffuseurs du monde entier.

Un panel particulièrement intéressant était celui où 6 télédiffuseurs de tous horizons (H2, ZDF Germany, CNN, Smithsonian Channel, National Geographic Channel) discutaient de la réalité et des aspects importants à considérer lors de la préparation d’un pitch par un producteur.

Un peu sous la forme d’une description pas-à-pas des étapes à travers lesquelles il faut passer, le titre du panel résume bien l’essence du contenu : « What works? What kills a deal? »

La captation du panel est disponible grâce à DocumentaryTelevision.com, où Peter Hamilton, qui était modérateur du panel, donne aussi la liste des questions de chaque segment.

‘Comment faire son pitch’, Impact Media Summit, première partie

  • Quels sont les critères (ou filtres) particuliers que vous appliquez aux contenus que vous évaluez?
  • Quelle est la meilleure façon d’organiser un meeting de pitch?
  • Votre porte est-elle ouverte aux nouveaux producteurs?
  • Quels sont les principaux « showstoppers » dans un pitch?
  • Papier ou vidéo, quels sont les formats préférables pour un pitch?
  • Quelle est l’importance de la vidéo?
  • Quel investissement les producteurs devraient-ils mettre sur leur pitch? Devraient-ils trouver des fonds de co-production?

« Comment faire son pitch », Impact Media Summit, deuxième partie

  • Quelles sont les étapes internes pour l’approbation d’un concept?
  • Quelle est l’échéancier habituel?
  • Comment se déroule la suite lors de l’approbation d’un concept?
  • Quels sont les facteurs qui pourraient faire tomber un concept approuvé?

(image via Loops-Of-Fury)

(via Guy Boutin pour le lien)

La télévision 2.0 selon Netflix

Netflix défend joliment sa stratégie de contenu.

Je pense que je pourrais vous écrire deux lundis consécutifs sur l’article de cette semaine.

En septembre dernier, j’écrivais sur le fait que Netflix lancera la nouvelle saison de la série culte Arrested Development sur sa plateforme, tous les épisodes d’un coup, en mai prochain.

Et si vous suivez l’actualité sur Netflix, vous savez peut-être que le 1er février dernier, la série lourde House of Cards (50M$ de budget) a été lancée, sur Netflix, tous les épisodes d’un coup.

Netflix sait qu’une tendance très forte actuellement est d’écouter plusieurs épisodes d’une série en rafale (le « binge viewing », je me refuse à tenter de le traduire), d’en parler, de créer d’autres adeptes, car rien de mieux pour se plonger dans une histoire que d’en voir 3-4 épisodes en une soirée.

Et bien voilà. La différence, et peut-être le futur de la télé, se joue ici.

Netflix a constaté cette tendance sur sa plateforme avec des séries qui avaient déjà été diffusées, elle y croit et elle « walk the walk » comme on dit en lançant trois séries originales dans les prochains mois.

Son CEO, Reed Hastings, est là pour défendre leur stratégie de contenu:

« Imaginez si les livres étaient publiés un chapitre par semaine, et était disponible pour lecture brièvement à 20:00 le jeudi. Et tout d’un coup, quelqu’un change la donne, permettant soudainement aux gens d’apprécier un livre en entier, à leur rythme. C’est le changement que nous apportons. Ceci est le futur de la télévision. C’est la télévision internet. »

Boum.

Pas fou.

Je vous laisse lire l’article de Singularity Hub en entier.

LIRE L’ARTICLE COMPLET >

Kickstarter, 100M$ pour films et documentaires dans les 12 derniers mois

Une heure avec des experts Kickstarter, grâce à Sundance.

Le festival Sundance bat son plein ces jours-ci et cette année, ils organisent une série de panels quotidiens auxquels on peut participer en ligne.*

Celui de samedi après-midi sur Kickstarter était particulièrement intéressant. Elisabeth Holm, directrice du Film Program chez Kickstarter, qui a d’ailleurs elle-même participé au financement d’environ 400 productions, faisait partie du panel et a présenté des exemples, statistiques et bonnes pratiques.

Dans les 12 derniers mois, Kickstarter a permis de financer 100 M$ dans les domaines du film (fiction et documentaire), un « milestone » majeur pour cette plateforme de crowdfunding.

Une des choses qui ressort est qu’au-delà d’amasser des fonds, Kickstarter permet de développer une communauté autour de votre production. Une communauté qui a un attachement particulier à votre projet et qui ne se gênera pas d’en parler et de le mentionner.

Les projets restent modestes, avec des objectifs moyens tournant autour de 10 000 $, mais le concept prend vraiment un élan particulier en ce moment. 25 $ est participation la plus commune par les participants, 70 $ étant la moyenne (10 000 $ ayant été la plus grande contribution par un individu à ce jour).

Les producteurs n’offrent pas vraiment d’équité dans la production, mais plutôt une expérience créative, un éventuel téléchargement ou une copie DVD, du swap, un accessoire du film.

L’établissement de ces « packages » liés à la hauteur de la contribution crée beaucoup de discussions, mais dans plusieurs cas, les idées les plus simples sont celles qui ont parfois le plus de buzz.

Un autre aspect qui a été abordé pendant le panel est la réticence à se mettre à nu, en public qui, pour des créateurs, est un facteur non négligeable dans la considération de Kickstarter comme source de financement. La suggestion est de regarder les autres campagnes, voir ce qui se fait, comment ils se présentent, voir ce qui fonctionne et pourquoi, ça peut aider à briser le « trac ». Dans le fond, voir que ce n’est pas si pire que ça si c’est ce qui permet au projet d’aller de l’avant.

Je n’ai repris ici que quelques sujets abordés pendant ce panel fort intéressant et dense en contenu.

Je recommande habituellement une lecture relativement courte, un truc rapide et pas trop complexe, mais cette semaine je fais différent en vous recommandant l’écoute de ce panel d’une heure, disponible sur YouTube.

* Pour les intéressés, les panels sont organisés et diffusés via Google Hangouts.

Voici une captation de ce panel.

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