Le transmédia pourrait révolutionner le documentaire

Un documentaire multiplateforme permet un plus grand auditoire.

Lorsque vous portez votre « histoire » sur plusieurs plateformes, vous avez entre vos mains un projet multiplateforme. Maintenant, si chacune de ces plateformes apporte un volet additionnel à cette histoire (plutôt que simplement diriger l’auditoire vers une plateforme principale), vous avez entre vos mains un projet transmédia.

Le documentaire y a un ÉNORME potentiel.

Cependant, pour qu’un tel projet soit couronné de succès, il y a trois piliers dont vous devez tenir compte :

  • L’histoire, le film
  • La technologie
  • Le marketing/financement

Le deuxième point est peut-être le plus « nouveau » des trois.

Les documentaristes portent déjà plusieurs chapeaux (« réalisateur-caméraman » anyone?). De s’associer avec des gens familiers avec les besoins des utilisateurs, la technologie et le potentiel de chaque plateforme permet d’élever une histoire à un tout autre niveau.

Travailler un documentaire dans un contexte transmédia requiert quelques artisans de plus, mais ceci peut faire en sorte que le produit final ira là où le réalisateur n’aurait pas pensé.

Allez jeter un oeil sur l’article de cette semaine, publié du côté du blogue de PBS, on y trouve de bons liens et quelques exemples.

LIRE L’ARTICLE SUR PBS.ORG >

Ce que « Arrested Development », modèle d’affaires et webséries ont en commun

« Arrested Development » fait un retour… sur Netflix. Voici ce que ça pourrait signifier.

La série culte « Arrested Development » a été annulée par Fox en 2006. Au printemps 2013, elle fera un retour (oui, 7 ans plus tard) avec une toute nouvelle saison de 13 épisodes qui sera diffusée… sur Netflix exclusivement.

Nous sommes présentement dans les premiers balbutiements de séries lourdes diffusées exclusivement en ligne et chaque nouvelle sortie apporte du nouveau à l’industrie.

Les producteurs de la série misent sur le phénomène du « binge viewing » (je n’ai pas trouvé de traduction intéressante) qui fait présentement le succès de certaines séries. Le « binge viewing » est lorsqu’une personne visionne en rafale plusieurs épisodes ou même toute une saison d’un coup (le succès de « Breaking Bad » vient en grande partie de là).

Pour « Arrested Development », tous les épisodes seront mis en ligne au même moment. Il sera donc possible, en une journée, pour les grands fans, de visionner en entier la nouvelle saison.

Le modèle d’affaires est basé sur les abonnements Netflix (moins de 10$ par mois) plutôt qu’à un modèle basé sur la pub, ses annonceurs et un rendez-vous hebdomadaire.

Est-ce que c’est une stratégie qui sera courronnée de succès? Verrons-nous plus de séries originales à gros budget distribuées exclusivement en ligne?

À suivre…

(via GigaOM)

Les producteurs doivent adopter le « design thinking »

Les producteurs doivent adopter le « design thinking » dans leur réflexion multiplateforme.

Avec un auditoire qui demande de plus en plus de contrôle et d’interaction, une prolifération des plateformes et fonctionnalités, les producteurs doivent aborder la stratégie multiplateforme d’une propriété d’un tout nouvel angle.

…et le « design thinking » est tout à fait approprié.

Le fait que le storytelling prend de plus en plus de place par rapport à une approche basée sur le « push », considérée de plus en plus intrusive, requiert un processus d’idéation et de développement différent.

Le « design thinking » est un protocole permettant de résoudre des problèmes et trouver de nouvelles opportunités. Il est composé de 4 éléments :

  1. Définir le problème;
  2. Créer et considérer plusieurs options;
  3. Raffiner les directions choisies;
    (il peut être nécessaire de répéter les étapes 1 à 3 quelques fois)
  4. Choisir le gagnant, exécuter.

Ceci, par définition, assure une solution adaptée à la marque et à son auditoire tout en minimisant les « recettes » qu’on voit souvent appliquées ad nauseam (j’y suis personnellement allergique).

Il existe plusieurs très bons articles et experts sur le sujet du « design thinking », mais je vous suggère un article paru du côté de MediaPost. La réflexion est appliquée au marketing, mais je vous laisse faire l’extrapolation de ce qui y est dit aux projets sur lesquels vous travaillez présentement.

TOU.TV serait-il devenu rentable?

Selon un rapport publié par Radio-Canada, TOU.TV serait devenu rentable.

Dans le domaine des médias au Québec, c’est ce qu’on peut appeler une grosse nouvelle.

À la page 10 d’un rapport publié cette semaine, Radio-Canada a présenté un tableau du coût net par heure d’utilisation de ses différentes propriétés.

Attention, c’est ici que ça devient intéressant.

La petite bulle représentant TOU.TV est placée juste à droite du point de rentabilité. Du côté des propriétés donc le coût net est positif. Intéressant non?

Suite à un tweet de Steve Faguy, Jean-François Codere du journal Les Affaires a sauté sur l’occasion pour aller chercher une confirmation de la SRC.

La réponse est venue via le porte-parole de la société d’État, Marco Dubé. Ce qu’il a indiqué confirmerait que les opérations de TOU.TV sont rentables, mais que l’investissement initial n’a pas encore été récupéré.

C’est définitivement le genre de nouvelle que producteurs, créateurs et diffuseurs ont besoin d’entendre ces temps-ci.

Comment la BBC a réussi sa couverture multiplateforme des Olympiques

Comment la BBC a su faire un sans faute dans sa couverture multiplateforme.

J’aime quand les gens ouvrent leurs portes sur leurs méthodologies. J’aime beaucoup aussi quand ils nous font part de leurs moins bons coups, mais ça ce sera dans le cadre d’un autre envoi hebdomadaire.

Cette semaine, c’est un bon coup dont on parle. Celui de la BBC dans sa couverture des Olympiques. Cait O’Riordan, chef de produit « BBC Sport and London 2012 » a publié un excellent article sur le blogue du télédiffuseur au sujet des différents enjeux auxquels ils ont fait face dans leur couverture multiplateforme.

Télévision connectée, tablette, téléphone intelligent, desktop, name it…

Le mix complexe de données et de vidéo qu’ils ont présenté tout au long des jeux a été une démonstration de ce qui est possible lorsqu’on combine les deux en temps réel.

Son article (cliquez sur le lien, la lecture en vaut la peine) réfère aussi à d’autres billets publiés par ses collègues, certains allant dans les détails techniques de ce qu’ils ont mis en place.

Suivez le chemin que prennent les données, suivez le chemin que prend la vidéo (deux parcours bien différents) et voyez-les se rencontrer à nouveau sur votre appareil.

Merci BBC pour votre ouverture… et votre couverture.

6 exemples de ce que fait votre auditoire avec son téléphone en regardant la télé

Une étude du Pew Research Center dévoile des résultats fascinants sur les téléspectateurs connectés.

Nous savons que les utilisateurs de téléphones cellulaires en font usage en regardant la télé. Mais quelle est la proportion réelle de ceux qui le font ? Et que font-ils ?

Une étude menée en avril dernier par le Pew Research Center auprès de plus de 2000 personnes aux États-Unis (donc une étude sérieuse qui pourrait même être analogue à des résultats canadiens) a révélé que 52 % des propriétaires de téléphone portable utilisent ce dernier en regardant la télé.

Mais que font-ils ?

  • Ils se tiennent occupés pendant les pauses.
  • Ils échangent des textos avec une autre personne écoutant la même émission.
  • Ils vérifient si quelque chose qu’ils ont entendu à la télévision est vrai.
  • Ils visitent un site internet mentionné à la télévision.
  • Ils consultent ce qui se dit sur l’émission qu’ils écoutent et y vont parfois de la publication de leur propre opinion.
  • Ils votent dans le cadre d’une télé-réalité.

Plus de la moitié des gens interviewés on affirmé avoir fait une ou plusieurs de ces activités en écoutant la télé.

Est-ce que ça vous donne des idées de promotion multiplateforme pour votre série télévisée ? Y voyez-vous des applications concrètes que vous pourriez intégrer dans un projet transmédia ?

À vous de juger, je vous laisse lire le rapport complet.

Les producteurs doivent innover. Maintenant.

Si vous avez une discussion de fond avec plusieurs producteurs, certains vous diront immanquablement qu’ils ont le pied sur le bord de la porte. C’est une industrie difficile, demandante et pour laquelle (et je cite l’article de cette semaine, A Call to Producers: Innovate or Die publié du côté de l’IFP): l’appréciation et le retour monétaire n’ont aucun lien.

« Chaque producteur se doit de se voir comme un entrepreneur en série. Chaque film est sa propre petite entreprise, une startup avec son idée, ses rondes de financement, son lancement et sa stratégie de sortie (une vente). » [traduction-maison]

Quelle est la solution pour les producteurs d’« oeuvres » versus ceux qui publient des clips de 5 minutes sur YouTube et qui ramassent les milliers (si ce n’est pas les millions) de visionnements? Personne ne le sait vraiment.

Mais il est temps. Il est temps de faire en sorte que l’industrie du film développe de nouveaux outils et mécanismes afin d’éviter, et je cite encore l’article du IFP, que le cinéma ne devienne comme l’opéra: une forme d’art qui vaut la peine d’être appréciée, mais dont un peu tout le monde se fout.

Oh, et pendant que vous y serez, prenez le temps de lire les articles mentionnés, ils en valent tous la peine! Ted Hope qui me fait découvrir l’expression « armes de distraction massive« , Brian Newman qui fait planer le spectre de l’opéra sur le cinéma indépendant ou Jay Van Hoy et Lars Knudsen dans le Huffington Post qui parlent de la perception qu’ils ont du rôle de producteur.

Bref, A Call to Producers: Innovate or Die c’est à lire!

Nos choix : 9 infographiques sur l’industrie de la télévision

Ça a l’air que pour être trendy, il faut publier des infographiques (traduction libre de infographics). On en plogue d’ailleurs dans nos projets ces temps-ci (lorsque pertinent évidemment) et Lionel notre D.A. est le premier à vanter les bienfaits de ceux-ci dans la compréhension de données complexes.

C’est donc à notre tour.

US Television, excellent blogue américain sur le petit écran, a récemment publié un pot-pourri assez (trop?) diversifié de 118 infographiques sur la télévision. La qualité n’est pas égale à travers tout le lot des 118, mais nous en avons sélectionné 9 que nous croyons pertinents pour les gens de l’industrie.

Les voici, dans le désordre:

De ceux que nous avons rejetés, il fallait quand même mentionner la présence de notre série fétiche, Mad Men. Voici 2 petits cadeaux pour clore ce billet :

WWII sur Twitter, Audi et le transmédia, Facebook et la télévision sociale (#3Liens)

Petite série toute simple, #3Liens présente une sélection de quelques lectures intéressantes pigées dans ce qui est passé par nos listes de lectures dans les derniers jours.

How an ex-History student is using Twitter to bring World War 2 to life

 72 ans jour pour jour après les premiers événements qui mèneront à la Deuxième Guerre Mondiale, Alwyn Collinson a démarré le compte Twitter RealTimeWWII. Pendant les prochaines années (!), il prévoit publier le déroulement des événements de la dernière Grande Guerre. En date de publication de l’article sur TheNextWeb, le compte comptait environ 300 tweets.

Des tentatives similaires ont été faites dans le passé, notamment par le Guardian lors de la commémoration des 10 ans du 11 septembre 2001, mais l’opération avait aussitôt été stoppée après de sévères critiques et seulement 16 tweets en temps réel.

L’article de TheNextWeb va dans certains détails sur son approche et les comparables récents.

Audi Drives To Transmedia Land

Audi et FX Network lancent un court-métrage de 16 minutes, “Untitled Jersey City Project,” dans le cadre du lancement de la Audi A6 2012. Découpé en 8 épisodes (premier épisode ici), le contenu télé est diffusé pendant la diffusion du film du dimanche soir chez le diffuseur.

Chaque épisode ajoute une pièce au puzzle de l’histoire. La composante télé se déploie en ligne où les visiteurs peuvent explorer Jersey City et trouver des indices pour résoudre les mystères.

Je compte deux plateformes… peut-on réellement appeler ça du transmédia? Jeff Gomez nous dit qu’il en faut trois pour réellement être considéré comme tel… 😉

How Facebook just kicked social TV into high gear

Lost Remote, excellente source de contenu sur la révolution que vit présentement la télévision, a publié un excellent article sur les implications et opportunités qu’apportent les récentes annonces faites par Facebook. L’article met l’accent sur le « partage sans friction » (« frictionless sharing ») [traduction ordinaire de moi] qui permet d’autoriser différents services à publier sur notre compte Facebook lors de chaque utilisation.

Le lien avec la télévision? La possibilité pour des partenaires comme Hulu et Netflix de publier lorsqu’une personne consomme un contenu sur leur plateforme, permettant ainsi aux autres d’embarquer avec vous et de visionner ou écouter le même contenu. Le facteur important ici est la découverte (j’en parlais la semaine dernière) et la découverte à travers ses amis est d’autant plus puissante.

Et vous, des lectures qui vous ont marquées dernièrement? Partagez-les dans les commentaires ci-dessous.

Série documentaire ou magazine? Une question de profondeur et de point de vue

Lors de l’élaboration d’un plan de financement pour un projet de convergence, il est essentiel de s’assurer de l’éligibilité du projet avant d’amorcer les démarches et les réflexions en prévision des différents dépôts.

Dans le cadre du Fonds des médias du Canada (FMC), une distinction importante est à considérer: celle entre la série documentaire et le magazine télévisé. En effet, la première est éligible est le second ne l’est pas. (Veuillez noter qu’au niveau du Fonds Bell et du Fonds Québécor, les émissions de type magazine sont admissibles.)

À la base, l’argumentation se situe au niveau du fait que le FMC a pour mandat de fournir un soutien aux projets des genres sous-représentés, incluant les émissions documentaires.

Dans ses principes directeurs (PDF), le FMC définit un documentaire comme étant:

« […] une oeuvre originale non fictive conçue dans le but principal d’informater, mais qui peut aussi éduquer et divertir en présentant une analyse critique en profondeur d’un sujet ou un point de vue en particulier […] »

À quel moment le sujet est-il couvert en profondeur? À quel moment n’est-il plus simplement factuel?

Autre élément important de la définition :

« Ces émissions ne doivent pas être utilisées à des fins commerciales. »

Ici, on peut établir un peu plus facilement la ligne entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

À titre d’information le FMC donne aussi une liste (non-exhaustive) des genres non-admissibles:

« […] productions commanditées, sports, nouvelles, jeux télévisés, actualités, affaires publiques, émissions portant sur des modes de vie, émissions pratico-pratiques, télé-réalité, télévision scolaire, infopublicités, vidéoclips, émissions éducatives structurées ou axées sur un programme d’études, achats de formats étrangers sans adaptation ou contribution créative canadienne significative, télémagazines, émissions d’entrevue, émissions d’entrevues culturelles, remises de prix, célébrations d’événements spéciaux, galas, reportages d’actualités, émissions d’intérêt religieux, émissions de collecte de fonds, émissions-bénéfices, hommages, émissions à caractère promotionnel, émissions de motivation, récits de voyage et interludes. »

Il faut donc être prudent lors de l’interprétation de ces directives car elles restent sujettes à interprétation. Si vous n’êtes pas certain au niveau de votre projet, consultez le FMC ou une firme comme la nôtre, nous saurons vous aiguiller dans votre plan de financement et si vous n’êtes pas éligible, vous suggérer des pistes alternatives.

Il faut rester conscient que le FMC n’a pas pour but de « couler » les producteurs. Il est donc important de s’assurer avec leurs analystes au contenu afin de valider la non-éligibilité d’une production. Ils sont là pour ça. (P.S. Et ne le dites pas, mais nous avons déjà aussi entendu parler de dérogations qui auraient été accordées…)

(photo via thetruthabout)

http:///convergence/